• PROJET RÉSIDENTIEL : PLAN LIBRE

    Typologie : résidence principale à Montréal datant des années 1990. Date de réalisation : 2017 Clients : un couple de jeunes grands-parents voyageant constamment.


    Une maison de béton construite dans les années 1990 avait bien besoin d’un rajeunissement. La cuisine refermée sur elle-même créait un mur entre les espaces de vie et le décor aux couleurs primaires saturées, une ambiance plutôt froide. En 2017, les propriétaires décident de renouveler les lieux et de donner une allure plus contemporaine et enveloppante à leur propriété.

    Challenge accepté par l’équipe de Desjardins Bherer. La cuisine est décloisonnée pour créer une aire de vie complétement ouverte laissant entrer le maximum de lumière. Des rangements bas sont intégrés pour dégager et libérer l’espace. La circulation est redéfinie et la structure épurée.

    Une toile vierge… ou presque
    Parce qu’elle est construite en béton, la maison ne comporte pas de murs porteurs. Il est donc possible d’ouvrir complètement la cuisine sur les espaces de vie. La seule contrainte : le plancher en béton poli sous lequel est installé un système de chauffage radiant ne peut être altéré. Impossible de jouer avec la tuyauterie.

    La cuisine s'ancre donc au cœur de la propriété. Des armoires blanches surmontées d’un comptoir de la même couleur, placées devant la grande fenêtre qui a été élargie, accueillent tous les accessoires. En face, deux unités en chêne teint gris délimitent discrètement l’espace.

    Unité et rangement à profusion
    Le designer Marc Bherer et son équipe misent sur l’uniformité pour concevoir un décor harmonieux. Les tapis identiques du salon et de la salle de séjour créent une unité visuelle intéressante, tout comme les fauteuils de lin et les lampes de lecture qui habitent les deux espaces. Les foyers d’une pièce et de l’autre, recouverts de panneaux de béton, contribuent également à la cohésion des lieux.

    Dans la salle de séjour, un vaste rangement est intégré sous le foyer et se prolonge sous la banquette du coin-repas. Pratique, il se fond dans le décor pour ne pas encombrer l'endroit. Les tables à café et les tables d’appoint choisies pour leur simplicité et leur raffinement allègent l’espace, à l’instar des petits fauteuils sur pattes. Les objets d’art et les souvenirs recueillis au chalet par les propriétaires se font discrets sous les fenêtres du salon et de la salle à manger.

    Jeux de textures et de lumière
    Le décor est habillé de textures naturelles et de couleurs neutres. Le lin, le bambou, le cuir, les tissages ‘’façon Chanel’’, le béton et l’acier se côtoient. Les choix étudiés des matériaux, des mobiliers et de leur couleur donnent un caractère unique à l’espace, réchauffé par la lumière venant des multiples ouvertures du rez-de-chaussée.

    L’entrée de cette maison habilement actualisée, appelée la « galerie », propose des œuvres photographiques d’un ami du couple. La plus imposante, créée sur mesure, habille le mur qui sépare la cuisine de l’entrée. L’éclairage tout en douceur de cette pièce donne le ton à l’endroit. Chaque tableau bénéficie aussi d’un éclairage particulier.

    Le clou de l'aménagement : la suspension de la salle à manger, une création en verre soufflé de Gabriel Scott. Véritable œuvre d’art, elle se réfléchit dans le panneau de verre fumé de la table pour un effet dramatique.

    L’espace allégé de ses cloisons révèle ici tout son potentiel : un plan libre, témoignage des grandes théories de l’architecture moderne. Les textures, les matières et la justesse de l’aménagement sont mis en lumière dans cette résidence où les aires de vies finement tissées participent au bonheur des occupants.

    Chargée de projet : Ingrid Savage / Photos : Adrien Williams