• PROJET : RÉSIDENCE MARGAUX

    Lieu: Un townhouse, fin des années 40, entièrement rénové Date de réalisation : 2008 Clients : Couple de professionnels, parents d’une jeune fillette, exigeant que les choses de leur quotidien fonctionnent au quart de tour


    «Suite à la nouvelle de l’arrivée du bébé, les clients ont quitté leur appartement pour une maison en briques de style anglais, très correcte mais ‘’défigurée’’ par l’ajout d’un solarium désaxé au revêtement blanc vieillissant. Les priorités consistaient à agrandir la surface habitable et adapter l’espace au mode de vie actuel. En sollicitant mes services, le couple a insisté sur le désir d’une vraie maison de famille, confortable, pratique et lumineuse, avec une cuisine de couleur sombre (Elle) et plein de plantes en pots (Lui)».

    Au départ, des pièces biscornues, une circulation labyrinthique, des parquets disparates, du chêne foncé, l’ambiance poussiéreuse des vieilles demeures. Un an et bien des travaux plus tard,  un intérieur  contemporain est venu se glisser dans l’architecture classique. C’est là le point fort du projet : malgré sa modernité absolue, il  respecte l’esprit de l’époque où la maison fut édifiée.

    Une fois le solarium démoli, le bâtiment a été prolongé côté jardin par une extension moderne cubique, qui accueille le séjour au rez-de-chaussée et la chambre des maîtres à l’étage. Ce nouveau volume, vu de l’extérieur, se confond avec le corps de la maison grâce à son revêtement contemporain en bois teint gris anthracite, dont les planches et ouvertures s’inscrivent dans le droit fil de la maçonnerie de briques et de la corniche. Sa série de baies encavées, rappelant le style des grandes maisons anglaises, laissent maintenant pénétrer les flots de lumière, seule solution pour ensoleiller cette vieille maison puisqu’un règlement de la ville limite les modifications de la fenestration existante.

    Sans changer fondamentalement la typologie originelle, les pièces ont été restructurées afin d’obtenir un ensemble cohérent et ce sentiment de liberté que procurent les espaces ouverts. Vestiges du passé, les arcades ont été conservées mais leur forme simplifiée et rehaussée comme toutes les portes du rez-de chaussé. Ainsi, les plafonds ont l’air plus haut qu’ils ne sont en réalité,  donnant l’effet de volumes plus spacieux.

    Avec sa circulation fluide, la nouvelle planification facilite la vie. La cuisine-couloir  et la salle à manger mitoyenne, l’une et l’autre ouvertes aux deux extrémités, font office de passage entre le hall et la dînette, cœur de la maison. De là, trois marches atterrissent sur le séjour aménagé en contrebas, de plain-pied avec le jardin. De l’autre côté du vestibule, l’ancien séjour est devenu le salon, traité comme une entité indépendante. À travers les pièces en enfilade, l’œil et la lumière circulent sans entrave dans un jeu de perspectives qui, là encore, maximise l’espace. 

    En toute logique, l’étage est réservé aux pièces intimes : la nursery et la chambre d’amis se partageant une salle d’eau, le bureau a aussi son cabinet de toilettes. La partie nouvelle est cependant laissée à la suite parentale au bout du couloir, véritable appartement privé avec vestibule, luxueuse salle de bains, et vaste dressing communiquant avec la chambre et servant d’imposant appui pour le lit.  Sur les trois niveaux : des rangements à profusion, partant du principe «une place pour chaque chose et chaque chose à sa place» qui rend les maisons ultra-fonctionnelles.

    Des matériaux simples, une palette de teintes réduites concourent à mettre l’accent sur l’aspect pur des volumes. Partout, de nouveaux parquets en frêne naturel, des murs blanc chair d’aubergine sous des plafonds peints dans une tonalité plus pâle, des voilages ou des stores romains en lin écru. Frêne teint anthracite et marbre blanc pour les cabinets de la cuisine aux murs tapissés de carreaux démesurés en céramique blanche. Marbre blanc aussi pour la cheminée du salon et pour la salle de bains des maîtres où on le retrouve associé au granit noir en «basket weaves», motif traditionnel de l’architecture anglo-saxonne.

    Refusant le « total-look », le mobilier mélange tables dessinées sur mesure en acier noirci, commodes chinées et marques reconnues pour leur confort sans chichi (Flexform, Maxalto…); les chaises en plastique Louis Ghost côtoient un miroir Louis-Philippe; des tapis d’Orient, des tableaux contemporains, de vieux radiateurs remis à l’état complètent l’espace. La mixité, rien de tel pour créer une ambiance relax bien qu’élégante, un art de vivre très XXIe siècle.

    Chargé de projet : Anne-Joëlle Chamberland / Consultants en architecture : André Fortin et Alain Carle / Photos : Pierre Bélanger